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De la même façon que pour les supports papier en leur temps, des études ont été menées afin de savoir de quelle façon l'oeil se comporte pour "lire" les contenus des pages web.

Au-delà des simples objectifs comportementaux, ces éléments deviennent incontournables, comme pour la presse écrite et magazine, pour déterminer les emplacements publicitaires les plus performants.


Par ailleurs, ces données donnent des repères efficaces concernant l'intérêt et le temps qu'un lecteur peut consacrer aux différents contenus en présence ; ainsi que les effets de la longueur d'un texte édité sur un site par rapport à la capacité d'attention de ce média. Sur ce dernier point, un article lève le voile sur un préjugé : « Un texte qui a retenu l’attention sur internet est davantage lu que le texte d’un quotidien, grand et petit format ». Le centre d'étude cité possède un site web sur lequel on peut visionner une très intéressante vidéo sur les tests d'eye-tracking qui y ont été menés.


[visualisation de circuits de lecture générés par un outil de modélisation en ligne]



Extrait de : Internet et Google vont-ils finir par nous abrutir ? sur www.framablog.org


une étude publiée récemment sur les habitudes de recherches en ligne, conduite par des spécialistes de l'université de Londres, suggère que nous assistons peut-être à de profonds changements de notre façon de lire et de penser. Dans le cadre de ce programme de recherche de cinq ans, ils ont examiné des traces informatiques renseignant sur le comportement des visiteurs de deux sites populaires de recherche, l'un exploité par la bibliothèque britannique et l'autre par un consortium éducatif anglais, qui fournissent un accès à des articles de journaux, des livres électroniques et d'autres sources d'informations écrites. Ils ont découvert que les personnes utilisant ces sites présentaient « une forme d'activité d'écrémage », sautant d'une source à une autre et revenant rarement à une source qu'ils avaient déjà visitée. En règle générale, ils ne lisent pas plus d'une ou deux pages d'un article ou d'un livre avant de « bondir » vers un autre site. Parfois, ils sauvegardent un article long, mais il n'y a aucune preuve qu'ils y reviendront jamais et le liront réellement. Les auteurs de l'étude rapportent ceci :


Il est évident que les utilisateurs ne lisent pas en ligne dans le sens traditionnel. En effet, des signes montrent que de nouvelles formes de « lecture » apparaissent lorsque les utilisateurs « super-naviguent » horizontalement de par les titres, les contenus des pages et les résumés pour parvenir à des résultats rapides. Il semblerait presque qu'ils vont en ligne pour éviter de lire de manière traditionnelle.


Grâce à l'omniprésence du texte sur Internet, sans même parler de la popularité des textos sur les téléphones portables, nous lisons peut-être davantage aujourd'hui que dans les années 70 ou 80, lorsque la télévision était le média de choix. Mais il s'agit d'une façon différente de lire, qui cache une façon différente de penser, peut-être même un nouveau sens de l'identité. « Nous ne sommes pas seulement ce que nous lisons », dit Maryanne Wolf, psychologue du développement à l'université Tufts et l'auteur de « Proust et le Calamar : l'histoire et la science du cerveau qui lit. ». « Nous sommes définis par notre façon de lire. » Wolf s'inquiète que le style de lecture promu par le Net, un style qui place « l'efficacité » et « l'immédiateté » au-dessus de tout, puisse fragiliser notre capacité pour le style de lecture profonde qui a émergé avec une technologie plus ancienne, l'imprimerie, qui a permis de rendre banals les ouvrages longs et complexes. Lorsque nous lisons en ligne, dit-elle, nous avons tendance à devenir de « simples décodeurs de l'information ». Notre capacité à interpréter le texte, à réaliser les riches connexions mentales qui se produisent lorsque nous lisons profondément et sans distraction, reste largement inutilisée.


Lien pour accéder à l'étude complète en Anglais (format PDF)  :  information behaviour of the researcher of the future



Pour compléter cet aperçu des comportements des lecteurs face aux contenus en ligne, voici encore quelques éléments :

 

 

 


Par Tiffany Assouline
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